Les compensations, les adaptations et les décompensations

Vous avez entendu ces termes chez votre médecin, physiothérapeute ou ostéopathe? Ils sont reliés à la réaction naturelle du corps face à une douleur ou à une dysfonction et définissent un stade particulier de l’évolution de ces réactions.

Compensation

C’est la première façon dont le corps réagi face à une douleur ou à une dysfonction mécanique. Par exemple : nous enlevons du poids sur une jambe blessée en surchargeant certains groupes musculaires; nous évitons certaines postures inconfortables; nous évitons de manger certains aliments qui causent des brûlures lorsque notre estomac ne peut le tolérer, etc.

Adaptation

Lorsque les mécanismes de compensation persistent, nos tissus (les muscles et leurs enveloppes, les os, etc.) s’adaptent en modifiant leur forme et/ou leur densité et leur physiologie cellulaire locale.  Par exemple : un muscle qui n’est plus étiré se raccourci; une portion d’os qui reçoit plus de poids que prévu se densifie. Ainsi le mécanisme d’évitement de la compensation devient permanent et beaucoup plus difficile et long à modifier. Parfois, c’est la zone d’adaptation qui devient ensuite douloureuse et c’est la raison pour laquelle vous consultez un professionnel.

Décompensation

Lorsque la même personne subit plusieurs blessures, séparément ou en même temps, il survient un moment où la compensation à une blessure subséquente devient impossible, car les tissus sont incapables de la fournir. Ceux-ci sont soit étirés ou comprimés au maximum de leur physiologie et ne peuvent plus le faire davantage. Il survient alors une douleur sans lien anatomique avec le dernier événement survenu, des examens médicaux qui ressortent « normaux » et qui signalent le moment d’une prise en charge plus globale visant non seulement à soulager la douleur la plus récemment apparue, mais aussi à essayer de renverser les mécanismes d’adaptation précédents, lorsque possible.

Par des étirements, des modifications de posture et des exercices de renforcement, il est souvent possible de faire ce travail, qui sera parfois long et qui demandera un travail d’équipe entre le(s) thérapeute(s) et vous !

En conclusion :

En phase aiguë, consultez immédiatement pour éviter que les compensations ne deviennent des adaptations.
En phase chronique, soyez patient. Donnez du temps au temps et soyez prêt à collaborer à des changements d’habitudes et à faire des exercices !

 

Carole Leduc
ostéopathe
Action Sport Physio Laval