Qu’est-ce que l’ostéochondrite disséquante?

Une blessure au genou n’est jamais la bienvenue. Quand elle affecte un athlète adolescent, elle peut s’avérer encore plus dévastatrice. La plupart des blessures au genou exigent une certaine période de récupération, de réadaptation et possiblement une chirurgie. Dans la plupart des cas, les athlètes adolescents retournent au jeu au même niveau précédant la blessure et ils atteignent quand même le niveau élite, voire même professionnelle. 

Bien qu’il s’agisse d’une blessure rare, l’ostéochondrite disséquante peut entraîner des effets à long terme sur la capacité de participer aux activités sportives. Ce mal est défini comme une perte de la réserve adéquate de sang aux os et au cartilage en appui conduisant à une possible fracture ou à une fissure du cartilage, qui entraîne à son tour un décollement de fragments d’os et de cartilage, causant de la douleur, de l’enflure et l’immobilisation. 

Le genou est l’articulation la plus sollicitée par cet état, mais l’ostéochondrite disséquante (OD) peut aussi se produire à l’épaule, à la hanche et à la cheville. La majorité des gens qui ont un diagnostic d’OD symptomatique sont des enfants plus âgés, des adolescents et des jeunes adultes, particulièrement ceux qui pratiquent un sport.


Quels sont les causes, les signes et les symptômes?

L’OD est généralement provoqué par un traumatisme direct au genou ou par une série de tensions répétitives au fil du temps. Les signes et symptômes habituels comprennent la douleur, l’immobilisation des articulations, la perte d’amplitude des mouvements, l’enflure et la sensibilité au toucher, la raideur articulaire et le détachement de corps dans l’articulation. Le diagnostic anticipé et le traitement de l’ostéochondrite sont essentiels pour minimiser les effets à long terme. Si détectée suffisamment tôt, spécialement chez les jeunes enfants en croissance, la condition pourra être plus facilement guérie. Toutefois, s’il est mal diagnostiqué ou tout simplement ignoré, l’état peut causer des dommages à la surface des articulations chez les adolescents plus âgés et chez les jeunes adultes, pouvant même forcer la chirurgie. L’OD peut produire des invalidités comme l’arthrose. 


Évaluation et traitement

Un bon diagnostic minimisera le risque d’invalidité à long terme et permettra au patient de profiter d’un plus grand nombre d’options de traitement. Le diagnostic démarre par un examen physique adéquat suivi par une radiographie. Votre médecin peut aussi exiger un examen scintigraphique ou une IRM pour contribuer au diagnostic et pour localiser la portée du tort dans la zone affectée. 

Si le patient est jeune et que l’os est encore en croissance, l’approche conservatrice de traitement sera suggérée. Toutes les activités devront être cessées et l’état peut forcer une période de plusieurs semaines où il ne devra y avoir aucune mise en appui. Cette période de traitement pourrait être aussi longue que de 12 à 18 mois et exigera des radiographies, un examen scintigraphique ou une IRM pour évaluer le progrès et la guérison.  

Si on ne remarque aucun progrès ou que la guérison est lente, la chirurgie pourrait être nécessaire. Dans les cas où les fragments de cartilages sont libres dans l’articulation, la chirurgie est exigée pour rattacher les fragments ou les retirer et ainsi limiter l’irritation qu’ils peuvent causer. L’étendue du dommage décidera du type de chirurgie, arthroscopique ou ouverte.


Réadaptation et récupération

La réadaptation post-opératoire impliquera une période sans mise en appui et exigera une période importante de physiothérapie pour retrouver l’amplitude de mouvement, la force, la flexibilité et la coordination. L’objectif de la réadaptation garantira une mise en appui adéquate et progressive ainsi qu’un contrôle de la douleur. Idéalement, l’objectif pour les patients sera de retrouver leur style de vie précédant la blessure. Une supervision continuelle et des vérifications avec le médecin et le thérapeute exigeront une évaluation de l’efficacité du traitement et l’évolution du cartilage en cas d’arthrose.

L’ostéochondrite disséquante est une blessure inhabituelle, mais potentiellement débilitante pour les jeunes athlètes, causée par un traumatisme direct ou par une tension répétitive. Un diagnostic hâtif est impératif pour assurer une guérison et un rétablissement adéquats. La chirurgie peut être requise avec un programme important de réhabilitation afin de contribuer à la guérison et à l’éventuel retour à l’activité physique.