La douleur aiguë : les phases de guérison

Vous venez de vous blesser : quoi faire ? Chaleur ? Glace ? Pour mieux comprendre comment agir en cas de blessure, il faut comprendre le processus de guérison du corps humain. En effet, la guérison des tissus (ligaments, tendons, muscles, etc.) suit des phases distinctes.

​La première phase de guérison est la phase d’inflammation, d’une durée d’environ une semaine. Pendant cette phase, la circulation sanguine est augmentée localement, amenant protéines et autres substances essentielles à la guérison au site de la blessure, causant l’inflammation (œdème), de la rougeur et de la chaleur. Les traitements à privilégier lors des 3 à 5 premiers jours forment l’acronyme GRECS : Glace, Repos, Élévation, Compression, Support.

  • La glace est à la fois efficace pour diminuer l’inflammation et la douleur. On peut l’appliquer pour une durée de 10-15 minutes toutes les heures. Afin de minimiser les risques d’engelure, il vaut mieux envelopper la glace avec une serviette mouillée.

    De récentes études remettent cependant en question l’usage de la glace sur une période prolongée, considérant que l’inflammation fait partie du processus normal de guérison et que son usage devrait se limiter aux premières semaines suivant la blessure.
     
  • Le repos est important suivant une blessure, que ce soit afin de ne pas empirer un tissu déjà lésé ou bien pour ne pas contribuer à l’inflammation. Le repos ne doit pas nécessairement être complet ; on parle plutôt de diminuer les activités stressantes pour les tissus lésés.
     
  • L’élévation du membre blessé, la jambe ou le bras, permet d’activer le drainage de l’inflammation par la circulation lymphatique. C’est d’ailleurs pourquoi une personne qui a subi une entorse à la cheville, par exemple, peut ressentir un soulagement en se couchant avec la jambe surélevée sur quelques oreillers.
     
  • La compression, à l’aide d’un bandage, permet aussi de diminuer l’inflammation, ou bien d’empêcher son augmentation. Le bandage doit cependant être exécuté efficacement pour éviter les risques de problèmes circulatoires.
     
  • Le support, que ce soit par une attelle, une canne, des béquilles ou une marchette, permet d’alléger, lorsque nécessaire, le travail du membre blessé, ce qui permettra d’éviter de recréer de l’inflammation et de garder un patron de mouvement se rapprochant de la normale, en limitant la boiterie.

En ce qui à trait à l’ajustement des béquilles, de la canne et d’une marchette, il vaudrait toujours mieux demander à votre physiothérapeute de l’ajuster ou bien de vous montrer comment l’ajuster et comment l’utiliser, afin d’éviter de développer un problème ailleurs (par exemple : des béquilles trop hautes peuvent causer une douleur à l’épaule).

La deuxième phase de guérison, débutant environ après une semaine et s’étendant sur une durée de 3 semaines, est la phase proliférative. C’est dans cette phase que le tissu lésé commence à cicatriser. En termes de construction, les matériaux et les travailleurs sont arrivés sur le chantier (phase inflammatoire) et on peut commencer à travailler, à installer les fondations. C’est dans cette phase qu’on peut commencer à augmenter de façon progressive les activités et les exercices, tout en prenant soin de ne pas aller trop vite. Suivez les recommandations de votre physiothérapeute qui pourra vous guider dans la reprise progressive de vos activités.

La troisième et dernière phase de guérison est la phase de remodelage, qui peut durer jusqu’à un an. Durant cette phase, la cicatrisation se poursuit, les tissus reprennent peu à peu leur apparence d’antan. Dans cette phase, on peut augmenter considérablement le niveau d’activité, bien que la prudence soit encore de mise. Une des erreurs souvent commises est de trop rapidement laisser tomber les conseils (échauffement avant un sport, exercices, etc.) dès que la douleur est absente, ce qui augmente les risques de rechute avec la reprise des sports et loisirs.

Enfin, comme le veut le dicton, mieux vaut prévenir que guérir ! Cependant, étant donné qu’aucune technique préventive n’est efficace à 100 %, ces quelques trucs pourront mieux vous guider en cas de blessure !
 

Félix-Olivier Brochu
physiothérapeute
Action Sport Physio Laval