Bursite ansérine

Étant donné que les douleurs médiales du genou se manifestent souvent en conjonction avec d’autres pathologies (arthrose ou entorse du ligament latéral interne), la cause est souvent méconnue.

La patte d’oie (pes anserinus) est constituée des tendons de trois muscles des membres inférieurs, à savoir le sartorius, le gracile et le semi-tendineux. Situés superficiellement au-dessus de la bourse ansérine, ces tendons s’insèrent sur la face antéro-médiale du tibia proximal. Bien que ce groupe musculaire participe principalement à la flexion du genou, il contribue également à la stabilité médiale et à la rotation du tibia en chaîne fermée. Les études des lésions de cette région n’ont pas permis d’établir si la pathophysiologie principale concerne une bursite proprement dite ou une tendinite, mais la pathologie est généralement réputée être une bursite ansérine. Ces blessures sont particulièrement courantes chez les jeunes qui pratiquent des sports caractérisés par de brusques mouvements latéraux et chez les personnes plus âgées atteintes de lésions concomitantes au niveau des articulations.

Les signes subjectifs d’une bursite ansérine comprennent entre autres une douleur médiale du genou associée à certains mouvements (assis-debout, escaliers) ou une douleur de nuit, tandis que la marche sur une surface plane est généralement asymptomatique. L’examen confirme la présence de douleur par-dessus la partie médiale du tibia proximal au point d’insertion des tendons conjoints (de 2 à 5 centimètres sous la ligne articulaire antéro-médiale du genou). Il peut également y avoir des signes d’œdème local et de crépitation palpable. Dans le cas d’une blessure sportive, il est possible de reproduire la douleur au moyen d’une flexion forcée, d’une rotation interne du genou, de l’étirement des ischio-jambiers, ou de la mise en valgus du genou. Le risque est plus élevé pour les personnes souffrant de raideur des ischio-jambiers ou des autres muscles concernés, de pieds plats, de problèmes de surpronation, d’obésité, ou de genu valgum.

Le traitement de première ligne de la bursite ansérine comprend le repos et les AINS. La physiothérapie constitue un volet essentiel de la correction des facteurs de risques biomécaniques, en conjonction avec les traitements reconnus pour la réduction de l’inflammation de la bourse dont, entre autres, la glace, les traitements par ultrasons, et l’électrostimulation. Le recours à la décompression ou résection chirurgicale de la bourse est rarement indiqué.