Blessures de surutilisation à la jambe

Alors que le printemps est à nos portes, plusieurs coureurs se bousculent dans les rues afin de rattraper le temps perdu. Il s’agit du début, pour plusieurs, de la saison de course. Dans tous les cas, il existe certaines règles à suivre si on veut éviter de se blesser dans ce fabuleux sport qu’est la course à pied. Les blessures reliées à la course à pied sont nombreuses, mais très souvent évitables. Dans cet article, on distinguera trois différentes blessures de surutilisation dans le territoire de la jambe : la périostite, la fracture de stress et le syndrome du compartiment chronique.

La périostite, ou syndrome de stress du tibia médial, est une inflammation du périoste, un tissu enveloppant l’os du tibia, causant ainsi une douleur au niveau de la face interne du tibia à la course ou d’autres sports avec sauts (athlétisme, soccer, basketball). Il est crucial de la prendre en charge rapidement, car si elle demeure non-traitée, elle peut se transformer en fracture de stress. Souvent, la douleur sera présente au début de l’effort physique, puis elle diminuera progressivement avec l’échauffement, avant d’augmenter plus tard durant l’activité lorsque les muscles commencent à se fatiguer.

La fracture de stress est ce qu’on pourrait appeler un début de fracture apparaissant suite à des impacts répétés plutôt qu’à un seul gros impact. Dans les premiers temps, elle ne sera pas visible sur une radiographie, mais elle peut être diagnostiquée avec une scintigraphie osseuse. Le mécanisme par lequel survient une fracture de stress est plutôt simple : la charge de l’entraînement est trop élevée, faisant en sorte que la résorption osseuse est plus élevée que la reconstruction osseuse. Elle se distingue d’une périostite par la présence de douleur la nuit et d’un point précis très douloureux, tandis qu’une périostite sera caractérisée par une douleur plus diffuse.

Le mécanisme d’apparition du syndrome du compartiment chronique est, quant à lui, assez différent de celui d’une périostite ou d’une fracture de stress. Au niveau de la jambe, les muscles sont séparés en quatre compartiments, tous séparés par des fascias, un genre d’enveloppe de tissus. Lorsque les muscles sont en activité, par exemple lors de la course à pied, ils se gorgent de sang, ce qui, en combinaison avec une diminution de la flexibilité des fascias, peut comprimer les muscles, causant ainsi des douleurs sous forme de crampes. La raideur le lendemain matin suivant la course est plutôt caractéristique du syndrome de compartiment chronique (sentiment d’être très courbaturé).

Les facteurs de risque de blessures de surentraînement se séparent en trois catégories : les facteurs anatomiques, les facteurs reliés à la biomécanique ou au patron de course et les facteurs reliés à l’entraînement. Selon de récentes études, les facteurs liés à l’entraînement seraient responsables de plus de 60 % des blessures de surentraînement. On compte parmi ceux-ci l’augmentation trop rapide de la durée, de la fréquence ou de l’intensité de l’entraînement, un changement de chaussure récent, un changement de la surface sur laquelle on court (surtout les surfaces dures) et le fait de toujours courir du même côté de la rue. 

Quand vient le temps de traiter ce type de blessure, le repos devient un incontournable. Par la suite, il est crucial de bien cibler les causes de la blessure afin de les éliminer. En effet, ces blessures sont très souvent multifactorielles, si bien qu’une faiblesse musculaire ou un manque de flexibilité au niveau de la hanche peut contribuer de façon importante à un problème au pied, par exemple.  Enfin, la reprise des activités se doit d’être progressive : on parle d’une augmentation d’environ 10 % par semaine au maximum. Par conséquent, le mot d’ordre se doit d’être la patience.

Les traitements en physiothérapie seront donc utiles afin de traiter non seulement la douleur, mais aussi, et surtout, de trouver le ou les facteurs ayant mené à la blessure et de les éradiquer. Le physiothérapeute saura vous conseiller et vous guider dans la progression afin de vous retourner à vos activités de façon sécuritaire.

Félix-Olivier Brochu
physiothérapeute
Action Sport Physio Laval