Malheureusement, les études des dernières années démontrent que 50 % à 80 % des coureurs se blessent chaque année. Les triathlètes n’y échappent pas. Si vous êtes blessé, il est facile de se perdre dans les différentes thérapeutiques offertes. Pour y voir plus clair, suivez la série d’articles de Rémi Bergeron, physiothérapeute et expert en course à pied, sur les blessures les plus fréquentes du coureur. Cette semaine, le syndrome fémoropatellaire.

 

Blessure du coureur : le syndrome fémoropatellaire

La douleur au genou est de loin la principale cause de consultation d’un professionnel de la santé chez les coureurs. Dans de nombreux cas, on pose le diagnostic de syndrome fémoropatellaire. Voilà pourquoi on l’appelle aussi le genou du coureur (runner’s knee) ! Ce syndrome est caractérisé par une douleur antérieure du genou durant et/ou après la course à pied, mais aussi lors d’exercices de squat, de descente d’escalier, de sauts ou même lors de posture assise prolongée avec les genoux pliés (comme au théâtre ou au cinéma). On a longtemps attribué la cause de ce syndrome à de la faiblesse, à un déséquilibre musculaire ou encore à un mal alignement de la rotule ou de la jambe. Les études prospectives actuelles sur le sujet nous démontrent qu’il n’en est rien. En effet, il serait causé par une augmentation des charges compressives entre la rotule et le fémur au-delà de leur capacité, ce qui amène une irritation de cette articulation fémoropatellaire. Les coureurs qui en souffrent en ont donc fait trop, trop vite.

La clé du succès dans la thérapeutique de cette condition réside principalement dans le bon dosage de l’entraînement de course. On doit modifier l’entraînement afin de réduire la charge sur le genou temporairement, pour contrôler les symptômes, et ensuite reprendre la charge progressivement. Ainsi, l’articulation pourra s’adapter aux forces compressives. Dans plusieurs cas, nos recommandations seront d’éviter les descentes de côtes, les entraînements en vitesse, la plyométrie (les sauts) et les squats pour les reprendre ultérieurement lorsque la condition se sera améliorée. On préconise donc les longues sorties, à basse vitesse, sans douleur. La littérature nous démontre qu’une combinaison d’exercices de renforcement des quadriceps, des fessiers et des abdominaux, dans un bon dosage d’entraînement, aide au rétablissement. Aussi, certains tapings pourraient diminuer les symptômes et permettre de progresser plus rapidement dans un retour à l’entraînement normal.

Comme chaque cas est différent, consulter un thérapeute qui a une expertise en course à pied est très souvent nécessaire. Se faire guider dans le bon dosage de l’entraînement et dans les exercices qu’il vous faut est de mise. Pour plus d'informations, visitez-nous au www.actionsport.physio. Nos thérapeutes experts en course à pied seront ravis de vous aider à gérer une blessure, mais aussi à diminuer votre risque de blessures et même à augmenter vos performances. De plus, notre service d'analyse du coureur vous permettra de commencer votre saison de course à pied en pleine confiance.

Bonne course !

 

Rémi Bergeron
Physiothérapeute
Expert en course à pied