Faire face à l’adversité…Comment l’affronter?

Par Marilou Lépine, Candidate PhD en psychologie sportive - Université du Québec à Montréal 
Action Sport Physio St-Léonard

Peu importe le niveau d’un athlète, ce dernier devra, au cours de son parcours, affronter l’adversité. Que ce soit face à l’échec, face à une blessure, face à la maladie, face à un manque de motivation ou autre, l’adversité apparait comme un obstacle à surmonter.

Elle prend diverses formes, divers niveaux et son impact est tout aussi diversifié.

Par exemple, l’athlète qui n’arrive plus à performer à la justesse de son talent sportif peut en venir à se poser mille et une questions, à se remettre en question en tant qu’athlète et en tant qu’individu ou encore, abandonner la pratique de son sport.  

Malgré ce portrait, plutôt pessimiste, pourquoi certains athlètes passent-ils au-delà de l’adversité sans trop de séquelles?

Ma réponse, bien sûr, écourtée pour le besoin de la cause soulève deux points principaux.

La manière de percevoir les événements a un impact majeur sur l’importance que l’athlète accorde à un événement et un impact majeur sur l’énergie que l’athlète déploie pour modifier les conséquences d’un événement.  Par exemple, un triathlète qui vit un échec dans une compétition importante pourra percevoir l’échec comme insurmontable ou au contraire, se fixer des objectifs afin de modifier le résultat sportif ultérieur.
Sans doute le point le plus important selon la littérature scientifique, il s’agit des ressources internes et externes que l’athlète possède vis-à-vis l’affront à l’adversité. Ces ressources ont le potentiel d’encadrer et soutenir l’engagement de l’athlète dans l’atteinte de ses objectifs sportifs.

 

Ressources internes (individuelles)

 

  • Positivisme

  • Force mentale

  • Pleine conscience lors des entrainements (être dans le moment présent)

  • Motivation

  • Confiance en soi

  • Discipline

  • Culture du sport ancrée (le phénomène du Just do it)

Ressources externes

 

  • Soutien social (famille, amis, psychologue sportif, entraineur, physiothérapeute...)

  • Environnement propice au développement de l’athlète (centre sportif adéquat, style de l’entraineur...)

Suite à cette réponse, plusieurs peuvent se demander comment développer ces ressources internes ou encore comment percevoir l’adversité d’un point de vue différent?

Le phénomène de résilience, qui se définit comme une capacité d’affronter l’adversité tout en assurant un changement positif chez l’individu est le point de départ.  Sans être une recette gagnante absolue, tout bon athlète tend à avoir un profil résilient. Entre autres, par l’inclusion des ressources décrites ci-haut et par la capacité à rester dans une zone où les perturbations ne sont pas ressenties (déniées ou canalisées).

Comment savoir si l’on est résilient?

 

La plupart des experts dans le phénomène de résilience soulèvent que le tempérament d’une personne à un impact sur le niveau/capacité d’une personne à être résilient. Toutefois, la résilience peut se développer autrement. En effet, il s’agit de constater les ressources à sa portée et assurer de mettre en place les autres ressources au besoin. L’expertise d’un psychologue sportif peut aider et outiller l’athlète dans l’atteinte de comportement résilient.

Bref, en apprenant à mieux se connaitre en tant que sportif et en prenant le temps de reconnaitre les outils qui sont à notre disposition dans ce parcours sportif, l’adversité n’a qu’à bien se tenir.

Amusez-vous!

Marilou Lépine

Cand. Ph.D en psychologie sportive, M.Ing.

Ressources
Lipowski,  M.,  Lipowska,  M.,  Jochimek,  M.,  & Krokosz,  D.  (2016).  Resiliency  as  a  factor protecting  youths  from  risky  behaviour:  Moderating  effects  of  gender  and  sport. European Journal  of  Sport  Science,  16(2),  246-255.